30.9.07

Epilogue : le brouillon de la deuxième lettre

Voici la deuxième lettre que je n'ai pas envoyée à a. Je fais ici travail d'éditeur en la publiant, avec la distance d'un autre face à un texte que je ne comprends plus vraiment mais pour qui, comme pour tout le blog, je conserverai une certaine tendresse, un regard compréhensif et complaisant face à ces "oeuvres" de jeunesse, ces élans adolescents.
En ce qui concerne la genèse de cette lettre, elle a été envisagée en janvier, voire même dès l'écriture de la première, conçue en mars-avril, écrite en avril, je devais l'envoyer à la fin de ce mois.
La voici : [cliquer pour agrandir]


Notes de l'éditeur :
sur un feuillet à part, on trouve les ajouts suivants :
"A*: Ma lettre de décembre n'avait pour objet que celui de vous distraire,"
"B*: Je pense sincèrement que votre âme douce et..."
"* De plus, j'ai cru que l'allusion à Cécile de [de barré] Volanges que j'ai rajoutée par la suite était assez..."
"** Vous êtes seule juge [barré] , Votre attitude montre que je me suis mal exprimé, je ne crains pas de vous prendre pour juge et j'implore à présent votre clémence, car ce qui fut..."
"Je ne demande point un retour..."
"Adieu Mademoiselle, ..."
"Lyon, ce ..."
Un autre feuillet est constitué de citations extraites des Liaisons Dangereuses, qui, semble-t-il, parsèment beaucoup plus cette lettre que la première.

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Ce projet reste donc en suspens, et l'on ne peut que s'interroger face aux intentions de l'auteur, qui n'a somme toute pas désiré se réhabiliter... Un projet littéraire avorté et qui scelle donc en soi l'échec de la création, comme si l'auteur avait voulu empêcher toute chance de réussite en en restant à une série de fulgurances désordonnées, passe-temps dévorant et révélateur, cristallisé dans ces lettres sans lendemain.

24.1.07

"Il avait neigé ce jour-là"...

La neige a recouvert la ville, comme une incitation à l'oubli. Oubli aussi bien pour a. que pour moi. J'ai appris cette semaine qu'elle semble avoir acquis la conviction qu'elle n'arrivera à rien avec celui qu'elle convoite. Je comprends à présent ses remarques, je veux bien croire que c'est ce qu'elle pense. Elle est désespérée me dit-on. Moi aussi. Sauf qu'elle, elle se trompe, elle ne doit surtout pas l'apprendre, mais je considère qu'elle a une chance avec ce type. Elle en sait peut-être plus que moi. Elle ne sait surtout pas s'y prendre à mon avis.
Enfin voilà, la voie est libre en théorie. Le temps qu'elle fasse son deuil et ce sera mon tour. D'ici... février disons... Oui mais voilà, les choses ont évolué. Plus de travail, plus de distance, beaucoup moins de temps libre en commun. On se voit en-dehors quand même, j'ai passé la soirée avec elle et C. samedi, comme "au bon vieux temps" de 2006. Et puis un pari bidon fait que nous irons au cinéma ensemble, peut-être ce week-end. Mais c'est un peu comme si le coeur n'y était plus, au sens propre. Ce n'est peut-être qu'une hibernation.
En ce qui me concerne du moins, je n'écris plus que rarement ici, et je n'ai toujours pas réécrit à a. Je n'ai pas envie ; je réfléchis parfois à cette lettre mais elle ne se concrétise pas, elle reste en suspens. J'aurais dû pourtant, je devrais. Elle fait comme si celle qu'elle a reçue n'avait jamais existé, d'après C., elle a décidé de nier son existence. C'est peut-être ce qui me gêne aussi. Je me demande bien ce qu'elle en a fait, c'est matériel une lettre, elle doit bien exister quelque part, même déchirée.
Je perds lentement des points, à cause de cela et puis parce qu'a. est dans un état comparable au mien en ce moment, enfin pire sans doute, parce qu'a. est a., un peu déprimée, toujours malade, faible et d'ailleurs hypocondriaque, stressée, sous traitement, fatiguée, de mauvaise humeur, rêveuse, lunatique, attentionnée, souriante parce qu'il le faut, féminine, parfois drôle, taciturne, et bien élevée avec ça. Indescriptible surtout, en bien ou en mal. De ma fenêtre, je vois la ville qui dort dehors dans le froid, sous la neige, soleil noir d'une nuit sans étoile.

19.1.07

"Le chat, c'est quand il veut, où il veut, s'il veut"

C'est (mot pour mot je crois) ce que a. m'a dit cette après-midi, ou plutôt ce soir, dans la pénombre dehors, avec un regard insistant. Je n'ai pas été terrible, ni sur ce coup-là ni aujourd'hui en général. J'aurais pu répondre qu'il faut avoir les moyens de ses ambitions, j'ai juste répondu qu'un chien, c'était fidèle et con, et que ça finissait toujours par revenir, ou un énoncé équivalent.
Quoi de neuf sinon ? Ces derniers jours, après avoir été assez ferme, je me suis imaginé qu'il fallait "rassurer" a., ne pas la perdre de vue au propre comme au figuré pour ne pas risquer de tomber en disgrâce. Je ne suis pas assez cruel, et je suis en train de retomber dans le piège, je le sens. Extrait d'un mail à P., où je raconte une histoire de su-sucre :
"a. continue à me parler, aujourd'hui elle m'a même offert un sucre "éléphant" à la cantine : un sucre pour aller avec le café, il y a les animaux de la jungle sur l'emballage, et j'avais toujours dit que j'aimerais avoir un éléphant, je n'ai jamais vraiment cherché, et j'avais eu un tigre ou une girafe jusqu'à présent, mais pas d'éléphant. Or, alors que j'étais dans les canapés avec C., attendant les autres, a. arrive et me donne un sucre éléphant. J'étais très content. Après on m'a expliqué que c'était une collègue qui l'avait trouvé. Oui, mais il a changé de personne avant d'arriver à moi, et la personne qui me l'a remis en main propre (c'est le cas de le dire !) est bel et bien a.. C'est trois fois rien, et si j'étais content c'était à cause du sucre, mais enfin elle ne m'ignore pas. Elle vient même me chercher à la limite, comme un ami sans doute, mais pour revenir à la lettre, mis à part le fait qu'elle ne répondra pas, les conséquences sont limitées."
Restaurant avant-hier soir avec a. et deux copines, "Le Mandarin", le même qu'il y a deux mois. a. à côté et non en face de moi, quelques regards en coin, mais très modérés. On voit qu'elle me guette, et qu'elle hésite à croiser mon regard, ou qu'elle fait comme si. Sinon, cette semaine, a. a "séché" deux rendez-vous religieux au moins. Rien de particulier par ailleurs, si ce n'est qu'on dirait que j'ai une prétendante, et que a. a pu en mesurer les effets ostensibles cette après-midi. La fille m'a plus ou moins sauté dessus pendant que j'étais dans un rayon de bibliothèque, ça, a. ne l'a probablement pas vu, mais elle n'a pas manqué la quinzaine de minutes que j'ai passées à discuter au même endroit. En me quittant et par hasard en passant non loin de a., la fille : "souviens-toi de mon invitation !" (à passer chez elle). Je n'aurais pas pu rêver mieux, espérons qu'a. l'a entendu. Et elle a dû l'entendre, ou tout du moins voir le regard de la fille. Tant mieux donc, globalement j'ai quand même réussi à m'arracher un peu d'a., je suis plus distant, je lâche plus mes coups, ce sera peut-être efficace, de toute façon il ne me reste plus énormément de choses à tenter.

15.1.07

Réaction de a. à la lettre

Coup de téléphone à C. ce soir. J'ai abordé le sujet des lettres. C. a bien reçu la sienne, et a. aussi me dit-elle. Choquée par le contenu, qui en substance se résume pour a. à un long reproche sur son caractère prude agrémenté de digressions. Version transmise par C., qui sait que la lettre parlait de la nuit que a. a passée chez moi, et qui considère que ce que j'ai écrit devait être "salé". Autre information majeure, sur la forme, a. a dit que j'avais écrit comme un cochon, C. se demandait si ce n'était pas pour feindre l'exaltation amoureuse à la manière d'un Valmont. a. a apparement parlé de tout cela à plusieurs reprises.
C'est très intéressant, et je suis tout guilleret (mais loin d'être exalté). a. a ouvertement dit à C. qu'elle ne répondrait pas. Elle se doutait peut-être que C. transmettrait, auquel cas ce serait une réponse médiatisée en quelque sorte. Toujours est-il que, voulue ou pas, cela constitue une réponse. J'ai donc du grain à moudre pour les journées qui viennent et pour la future lettre que j'écrirai à a. dans un deuxième envoi à elles-deux.
Sinon, en ce qui concerne la situation au quotidien, j'ai appris la semaine dernière avec certitude qui était le numéro 1, c'était celui que je redoutais, et il est encore plus fort à ses yeux que je ne pensais, puisque qu'il fait vraiment un parfait enfant de choeur. Le problème étant qu'il est à mon avis plus accessible pour elle qu'elle ne le pense... Je suis donc assez désespéré, je ne peux pas vraiment lutter sur le terrain de la religion, il va me falloir trouver d'autres choses.
Sur le terrain, nous prenons (relativement) nos distances l'un par rapport à l'autre, a. peut-être parce qu'elle cherchait au départ à me faire payer la lettre et moi parce que je fais payer comptant son attitude à a. Conséquence, une petite gueguerre est en train de se former. Amusant. Je me sens comme relancé dans le rôle de Valmont. Il est évident que je ne vais pas me montrer le moins du monde abattu par l'absence de réponse à sa lettre...

8.1.07

Premières nouvelles post-rentrée

Je n'ai pas porté d'attention particulière à a. aujourd'hui. Je l'ai revue néanmoins, mais presque en coup de vent (si tant est que ce soit possible étant donné que nous nous cotoyons en permanence). Rien en cours, rien de spécial à midi. Après manger, alors que nous étions chez une copine, il y a bien eu quelques regards échangés pendant une lecture des horoscopes de Biba. Je ne me hasarderai pas à dire qu'elle m'a cherché des yeux quand il était question de la rubrique "amour", je ne soutiendrai pas non plus qu'elle a décidé de ne pas passer l'après-midi à la bibliothèque quand elle a appris que je risquais fort de ne pas y être.
J'ai préféré suivre les autres filles. Ce soir, vers 22h, j'ai appelé C. pour un motif bidon. a. était chez elle. Que faisaient-elles ensemble le soir de la rentrée ? Travailler apparement. Nous n'avons pas parlé des lettres, mais je ne peux pas exclure la possibilité qu'elles se les soient échangées. Je le saurai d'une manière ou d'une autre si c'est le cas. Imprévu, presque ennuyeux, toujours est-il que j'ai mené une discussion normale avec C., ne délivrant aucun message pour a., mais justement, là est le problème : j'ai parlé du film, je lui ai conseillé, et ça elle risque d'en parler si a. a entendu quelque chose. C'est gênant, même si du coup ma stratégie de le recommander à C. et pas à a. devient apparente, et cette révélation peut avoir des effets intéressants. Enfin, a. a pu constater que j'appelais C. pour savoir si on l'avait prévenue du changement d'heure de cours de demain, et pas elle... "Avant" j'appelais au minimum les deux. Ma nouvelle attitude se met donc en place (j'aurais pu dire stratégie aussi, mais en l'espèce il s'agit vraiment d'une attitude). Nous fêterons l'anniversaire de C. selon toute probabilité demain ou après-demain soir. C'est tout pour aujourd'hui !