27.11.06

Réorientation

Je n'ai plus envie de raconter ce qu'il se passe, et non sans raison; je m'explique :
un des objectifs de ce blog était d'exposer les signes envoyés par a. et leur interprétation (par moi). Cela fonctionnait, car je n'étais pas sûr que tout soit cohérent. A présent ce fondement est caduc : l'amoncellement de signes n'est pas fortuit, j'en suis certain. Donc il ne sert [plus] à rien de gloser pendant des heures dessus.
D'autre part, une des autres motivations à la création de ce blog était d'expliquer ce que je faisais, voire d'en débattre. Dès le début, j'ai exprimé des réserves quant'au caractère privé de certaines "révélations". Aujourd'hui, c'est une véritable barrière qui se dresse devant moi, je ne peux rien dire. Quel qu'il soit, il y a un "nous", entre a. et moi, car nous sommes devenus proches, trop pour que je synthétise, distille chaque soir ma journée : il y a trop d'éléments, et ces éléments nous regardent nous.
De cet état des choses découle une autre conséquence : un des tenants de ce blog était le suspense. Or, rien n'est fait, mais j'estime dorénavant que je ne peux pas perdre, disons que je ne peux que faire "match nul" : a., à défaut d'être une "petite" amie, sera toujours (/immerhin) une amie.
Enfin, dernière chose, je regarde a. avec des yeux qui, plus qu'auparavant, n'ont pas grand-chose de rationnel, c'est pourquoi décrire ce que je fais m'inspire un certain dégoût, je trouve cela un peu abject. Cette dernière raison peut également expliquer tout le reste : peut-être suis-je le seul de nous-deux à voir les choses de cette manière, ça n'en est pas moins assez incommunicable.

Je ne vais pas vous laisser tomber pour autant, je pense que le blog va changer de forme, je vais être plus concis, presque télégraphique. Disons que je suis un alpiniste qui a quitté le dernier (/un des derniers) bivouac(s) pour tenter d'atteindre le sommet : l'oxygène est rare, il faut que je l'utilise pour gravir la montagne et pas pour m'égosiller à la radio avec le camp de base. En plus, l'altitude rend irritable; excusez le ton sec de ce message.
Pour conclure donc, un rapide résumé : lundi, nous avons battu notre record de discussion dehors, 1h10; mardi, a. est passée chez moi prendre le goûter, là encore, longue discussion, et aujourd'hui, nous nous sommes retrouvés seuls après manger; plus d'une heure, et dans l'après-midi pour la pause, idem, un peu moins d'une heure cette fois-ci, tous les deux dehors dans le froid. Au moins physiquement, je ne suis pas le seul à me rendre malade : nous restons dehors alors que visiblement elle a attrapé la même crève que moi, pour les mêmes raisons : nos sorties. Personne ne la voit autant que moi en ce moment, tout à l'heure, avant de sortir, elle a discuté quelques minutes à l'intérieur avec sa meilleure copine, puis nous sommes allés dehors. Critères objectifs : je peux affirmer sans trop me risquer que c'est moi qu'elle regarde le plus en cours et que c'est avec moi qu'elle a le plus parlé pendant les quatre derniers jours, même chaque jour pris à part. Evidemment, je n'ai fait aucun "forcing" pour arriver à ce résultat (du moins je ne crois pas).
Le suspense est toujours de mise cependant, puisque c'est avec elle-même, en elle-même que se situe l'enjeu à présent. Alors repassez de temps en temps, je vais essayer de continuer à écrire (au moins en commentaire).
J'ai frôlé par deux fois la main d'a.; hier en caressant un chat qu'elle tenait dans ses bras, et aujourd'hui en voulant ramasser en même temps qu'elle un gobelet tombé à terre...

2 commentaires:

Luciole en couleurs a dit…

Vivre ou décrire ce qu'on vit, c'est un dilemme assez courant. C'est finalement assez sain que tu ne veuilles plus tout analyser, que tu gardes pour toi les événements de ta bulle. Bonne chance alors ! Votre histoire semble effectivement sur le bon chemin. Une question de temps ?

nella a dit…

Comme je te le disais hier, je te comprends tout à fait... Il n'y a plus qu'à te souhaiter bon courage! Fingers Xed!