extrait du "Joueur " de Dostoïevski
"Tout cela, elle le comprenait fort bien et cette idée que j'étais entièrement et résolument conscient qu'elle me restait inaccessible - toute l'impossibilité de la réalisation de mes lubies, cette idée, j'en suis sûr, lui procurait des délices extrêmes ; sinon, aurait-elle pu, intelligente et prudente comme elle était, se montrer avec moi aussi intime, aussi sincère ? Je pense qu'elle me voyait toujours comme cette impératrice de l'Antiquité qui s'était mise à se deshabiller devant un de ses esclaves, parce qu'elle ne pouvait pas imaginer qu'il était un homme... Oui, bien des fois, elle avait dû penser que je n'étais pas un homme."
2 commentaires:
Pas mal... L'analogie est troublante.
Décidément, votre romance est très littéraire ! Entre la Princesse de Clèves, les Liaisons Dangeureuses et Dostoïevski... Lit-on sa vie avant de l'écrire dans certaines écoles ? Je vais finir par croire qu'on n'est pas des gens normaux.
C'est surtout que a. est vraiment une héroïne de roman; surtout avec ce que j'ai appris hier, je renonce à la considérer comme quelqu'un de "normal", elle façonne sa vie d'après un certain nombre de modèles fictifs, c'est peut-être pour cela que les comparaisons marchent aussi bien.
Oui, c'est troublant. J'ai fini le roman dune traite ce matin, et je dois dire que je suis plus mesuré que le héros, qui est aux pieds de Polina. Cependant, pour le coup, elle l'aime. C'est donc assez différent ! :D Notons cependant qu'elle se réfugie dans sa chambre un soir de détresse...
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