13.12.06

a. et sa cour

Je suis hors de moi. Au sens propre comme au figuré. D'une part parce que j'ai passé une mauvaise journée, et aussi parce que je me sens comme schizophrène, entre une partie de moi qui examine froidement les évènements et une autre qui (sur)-interprète certains signes à longueur de temps.
J'ai moins parlé à a. depuis qu'elle est rentrée. Je perds ma position de "vu tout le temps à côté d'elle", ce n'est pas forcément agréable, mais cela me permet d'envisager les choses sous un autre angle, qui pourrait être assez proche de la vérité : il n'y a pas "nous" en ce moment, il y a a. et sa cour, dont moi.
J'ai vu deux prétendants assez sérieux aujourd'hui, deux garçons en tout cas, tous les deux proches d'a. J'étais présent, et j'assistais avec détachement à leurs scènes; la lecture de La Princesse de Clèves m'a fait du bien du point de vue social. J'ai pu voir qu'elle pratiquait avec eux le même jeu de regard que C. a observé entre a. et moi. Je dirais même qu'après la vue de l'un d'entre eux, elle souriait pour elle-même, montrant un certain trouble.
"Tu sais au fond, une fille, c'est vide", m'a dit un jour H. Et si a. était dans ce genre-là ? Si c'est le cas, a. ne renvoie que ce qu'on projette en elle, comme un miroir du propre égo de ceux qui lui tournent autour. Moi le premier, et mon égo n'est pas des moindres... Durant ces derniers jours, j'ai pris conscience de l'ampleur du mixte auquel j'ai affaire : j'associe a. au travail, à la bibliothèque, à la plupart de mes loisirs, à mon temps libre, etc... Elle n'était pas là, je n'ai pas été capable de travailler, et au fond, quand je travaille à la bibliothèque, je ne fais que faire semblant; c'est toujours un vernis. Au fond, ce que je fais, c'est être à proximité de a. Ces deux dimensions sont très intriquées et vont être difficiles à démêler. Et ce n'est qu'un exemple.
Il va en effet falloir s'occuper de cela, parce que je cours un danger à force. S'il y a bien une chose qui n'est pas garantie, c'est que je serai celui qui finira avec a. Il faut donc préparer l'éventualité fort probable qu'est a. restant au statut de copine. Or, étant donné que je ne vois qu'elle partout, il va me falloir prendre de la distance vis-à-vis de ce que j'ai mis en elle et ce que j'ai mis d'elle dans mon univers. C'est difficile, parce que j'y ai suffisement injecté ma personne pour que cette décision soit comparable au fait de se couper un bras. J'ai du temps pour faire cela, mais ma part rationnelle me hurle de faire marche arrière : ce que j'ai mis sur la balance est trop lourd eu égard au risque encouru.
Ma vie est faite de hauts et de bas, j'en viens presque à suivre les siens, alors que pourtant je n'incline pas à ce genre d'état d'humeur. Tiens, je veux déjà relativiser ce que j'ai écrit tout de go car je n'ai pas beaucoup de temps; au fond, j'ai l'impression de plonger dans le flou et de ne plus comprendre grand'chose, j'en reviens donc aux signes, qui recèlent une part d'aléatoire dans la production et dans l'interprétation, ça explique aussi les crises d'espoir et les accès de dépit...

4 commentaires:

Luciole en couleurs a dit…

Une cour, carrément ?! Eh, mais ça part en sucettes cette histoire ! Déjà un rival, c'était pas drôle...

"a. ne renvoie que ce qu'on projette en elle, comme un miroir du propre égo de ceux qui lui tournent autour."
-> Ce serait assez terrible ça ! Tu crois donc qu'elle joue consciemment avec plusieurs personnes ?

Effectivement, tu lui as donné une place énorme, et du coup tu te retrouves dépendant d'elle, au-delà même du résultat de ta quête. Difficile de revenir en arrière, de "démêler" comme tu dis. Fais attention à toi.

A majuscule a dit…

Bin, tu m'étonnes que j'aie l'impression de ne plus rien comprendre... ! En même temps, j'aurais dû essayer de faire ça dès le début ! Elle doit jouer plus ou moins consciemment, une cour, je me doute bien qu'il y en a une, ce n'est pas nouveau, mais j'ai vu que d'une certaine manière elle "relance" les garçons, et ça c'est nouveau. Mais sans risque, C. a raison...
Bah, après, purement formellement ça ne change pas grand'chose, je dois être numéro 2 ou numéro 3...

Luciole en couleurs a dit…

"Une fille, c'est vide."

C'est terrible de dire ça. Terriblement désabusé et déprimant.

A majuscule a dit…

Il est des soirs où je suis désabusé et déprimé... Comment ça, ce n'est pas sérieux ? ;)
"Vous êtes amoureux. Loué jusqu'au mois d'août.
Vous êtes amoureux. - Vos sonnets la font rire.
Tous vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût." etc...